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Cohn-Bendit: "Montebourg fait du FN à gauche"

Date: 30 novembre 2011

Le coprésident du groupe Verts au Parlement européen n’a pas apprécié les violentes critiques de l’ancien candidat à la primaire PS contre la « politique à la Bismarck » d’Angela Merkel. 

Cohn-Bendit à la rescousse d’Angela Merkel. L’écologiste, installé en Allemagne, n’a pas apprécié les virulentes attaques d’Arnaud Montebourg contre la chancelière. Alors que le socialiste dénonçait une volonté « d’imposer un ordre allemand », Cohn-Bendit l’accuse de « faire du FN à gauche », ce mercredi sur leparisien.fr. 

Invité de « Questions d’Info » (LCP-France Info-Le Monde), le député PS de Saône-et-Loire, a estimé qu’en refusant que la Banque centrale européenne rachète massivement les dettes souveraines des pays de la zone euro, la chancelière allemande avait « décidé d’imposer » à ces pays « un ordre allemand ». Il accuse Merkel de « tuer l’euro », de mener « une politique à la Bismarck » et de faire en sorte que l’Allemagne fasse « fortune » sur « la ruine » des autres pays de la zone euro. La politique de Mme Merkel, « c’est l’importation des exigences, des diktats allemands sur ce qui restera de la zone euro après avoir expulsé finalement les pays qui ne peuvent pas s’en sortir », a-t-il ajouté. L’ancien candidat à la primaire PS souhaite « la confrontation politique face à l’Allemagne » et entend « défendre nos valeurs ». 

Pour le coprésident du groupe des Verts au Parlement européen: « Il est vrai que l’hégémonie de l’économie allemande pose un problème. Mais, là, Montebourg sombre dans le nationalisme au clairon qui ne sert qu’à raviver des sentiments qu’on croyait définitivement derrière nous. C’est du mauvais cocorico. Il fait du Front national à gauche. » 

« Il faut se calmer. Que les Allemands considèrent l’austérité comme le nec plus ultra de la solidité financière, c’est vrai. Mais de la même manière que les Français sont très attachés à leurs services publics! Ce type de déclaration à la hussarde a des relents de nationalisme. Heureusement que Montebourg n’est pas aujourd’hui dans un gouvernement », a commenté l’eurodéputé écologiste. 

Les relations franco-allemandes sont effectivement tendues. La France et l’Allemagne étudient en ce moment une modification des traités européens qui reposeraient sur un contrôle accru de Bruxelles sur les budgets nationaux, pour tenter de sortir la zone euro de la crise de la dette. Mais Angela Merkel est hostile à l’ intervention massive de la BCE, souhaitée par le président Sarkozy. 

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